Léopoldine ROUX

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Galerie Bortier

Expérimenter la peinture sous toutes ses formes et ses possibilités, comme s’il convenait de provoquer les éléments pour donner libre cours à leur autonomie, à leur expansion, tout en canalisant cette énergie, notamment dans la série Compilations où les différentes étapes picturales sont dissimulées, pour n’en laisser visibles que quelques strates qui finissent par constituer l’essence même du processus pictural.
La couleur se transforme et devient une matière qui prend presque toujours le pas sur le support, y gagnant une nouvelle fois son autonomie, car c’est le traitement de la couleur et de ses potentialités qui détermine son aspect final, son identité. Expansive et débordante, ludique et éclatante, la couleur chez Léopoldine Roux se fait matière éminemment tactile et séduisante. On a envie de la toucher, de la caresser, de la sentir et pourquoi pas de la goûter. Elle possède cette attirance suave des liquorice allsorts, ces bonbons à la réglisse anglais aux coloris variés et improbables, mais tellement séduisants au regard. Ces compilations ont fait des petits. Ce sont les morphic cube ou les curieux objets non identifiés, dont le point commun semble être le même désir: celui de s’émanciper de cette tutelle picturale et de son rapport au mur. Ils s’en détachent et rejoignent le sol, pour mieux défier l’organisation de l’espace et occuper celui-ci de façon volumétrique. Leur côté dynamique et autonome est accentué par l’expansion aléatoire de la matière et de la couleur dont ils sont constitués, alors qu’en fait tout est soigneusement contrôlé, mais sans jamais le laisser paraître. Les choses ont l’air d’aller d’elles-mêmes, de couler de source.
Bernard Marcelis, extrait de la préface du catalogue Wintergloss.

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