Rachel LABASTIE

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Feux de camp et autres vestiges

Sculpture / Installation

Pour sa première exposition personnelle à Bruxelles, Rachel Labastie réunit trois pièces caractéristiques d’un travail engagé sur le corps, son apparition et sa disparition. Comment figurer un corps politique et social traversé par l’histoire ? Sa première sculpture est paradoxalement une vidéo dans laquelle le corps apparaît et disparaît dans un brouillard de fumée, à la fois dématérialisé et sans cesse réincarné. Ce paradoxe séminal entre un titre, une oeuvre et l’ambivalence qu’elle suggère est au coeur d’un travail dans lequel l’artiste préfère à la binarité des forces contraires, cette zone trouble, intermédiaire, où les forces opposées se rencontrent. Un « foyer » peut alors représenter à la fois ce lieu du rassemblement familial ou communautaire mais aussi un charnier ; des objets de rétention qui rappellent l’histoire d’un temps à priori révolu, des contraintes physiques imposées aux esclaves ou aux bagnards et évoquer la permanence d’un contrôle continu des corps encore perceptible aujourd’hui sous d’autres formes. A la fois séduisantes et repoussantes, les sculptures de Rachel Labastie cristallisent les contradictions de l’Histoire et révèlent la complexité de la condition d’Homme, façonnant une véritable métaphysique des corps.
Christian Alandete

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