Willem BOEL

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De nieuwe molens

« De nieuwe molens / les nouveaux moulins » Installation comportant une vidéo : « Imagine it’s a garden shed » et une Installation : « De nieuwe molens #09 ».
Ce n’est pas difficile : tout ce qui tourne est fascinant à regarder. Et les choses dont on pense qu’elles pourraient tourner, sont tout aussi fascinantes. Nous tournons tous sans nous en rendre compte, mais nous sommes bien conscients de la force d’attraction des choses qui tournent. C’est si simple et si incontrôlable à la fois. Un cercle, c’est puissant, c’est défini, ça n’a pas de fin. Je fais n’importe quoi. C’est toujours le début qui est le plus difficile. Une fois qu’on a commencé, tout s’enchaîne naturellement. Je pars du principe que je peux faire ce que je veux, donc je crée des images qui me semblent intéressantes. Il faut espérer qu’elles intéressent aussi le spectateur, mais on ne peut pas le prévoir. Quand on commence quelque-chose, quand on prend la décision de réellement commencer quelque-chose, un chemin se trace. Et, sur ce chemin, je cherche le trajet le plus satisfaisant. Il y a un plan, mais il n’est pas réfléchi. Avant, il fallait chercher loin pour comprendre la cohérence, mais tout finit par s’assembler, parce que je suis moi-même le fil rouge de mon travail. Les idées dans ma tête sont limitées, et même si elles semblent disparates, tous les éléments finissent toujours par s’assembler. Comme un cercle qui recommence à l’infini. « De nieuwe molens » (les nouveaux moulins) est une série d’oeuvres qui tournent toutes et qui sont toutes peintes/recouvertes de choses et d’autres. À l’infini. Les couches de peinture/matière qui apparaissent recouvrent toujours la précédente et rendent l’oeuvre flambant neuve. La couche de maquillage devient la future peau, puis le derme et l’hypoderme. Le point de départ de cette série est la nouvelle d’Honoré de Balzac, « Le chef d’oeuvre inconnu », qui parle d’un peintre qui, dans sa recherche du tableau parfait, passe des années à peaufiner une toile. Il l’améliore, la retouche, y ajoute de la peinture jusqu’à ce qu’à la fin – provisoire – une masse de matière apparaisse, qui à ses yeux touche à la perfection. Deux vieux amis venus visiter son atelier n’y comprennent rien et jurent même ne rien voir. Une sorte de brouillard sans forme. La force de cette histoire repose sur le fait que la vérité du peintre et celle de ses deux amis se confrontent. Le peintre a « vécu » ses recherches, tandis que les deux amis sont immobiles. Cette donnée m’a fait réaliser que la recherche est essentielle, mais elle ne doit pas être menée pour faire plaisir aux « amis ». Si la recherche donne de bons résultats, ils finiront bien par comprendre. (Willem BOEL)

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