OBÊTRE

Dans le cadre du PARCOURS Street Art de la Ville de Bruxelles et à la faveur du Festival Detours – Festival international en Arts urbains-, l’artiste bruxellois Obêtre a réalisé en septembre 2018 une oeuvre monumentale à l’entrée de la CENTRALE for contemporary art.

Diplômé en art dans l’espace public de La Cambre, ce lauréat de la bourse de création in-situ de l’ISELP a déjà plusieurs intégrations à son actif à Bruxelles (la Fonderie, l’ISELP, Wiels) et à l’étranger.

Après avoir découvert le graffiti au milieu des années 90, il intègre progressivement le collage, le pochoir ou les autocollants dans sa pratique. Parallèlement à une réflexion sur l’oeuvre, l’emplacement de celle-ci devient essentielle : Obêtre évolue ainsi vers l’art contextuel. Après avoir écrit son nom, à l’instar de L’ATLAS qui a réalisé la fresque monumentale qui mène à la CENTRALE en 2013 (voir plus bas), Obêtre intègre divers matériaux (bois, carreaux de céramique, feuilles de journaux, d’affiches publicitaires, etc) pour créer de véritables bas-reliefs d’une grande dynamique et intensité.

Lors de sa formation à La Cambre, il a participé à la création du collectif Transgressif aux côtés de sept autres graffeurs et artistes. Pour eux, il s’agit de transgresser les règles du graff ; les interdits sautent, les techniques sont illimitées, la forme se libère. Peu à peu, l’interrogation du graffiti et de ses normes se complète d’un engagement citoyen. Obêtre achève à Bruxelles des études de sociologie et unit ces deux approches.

Obêtre se voit avant tout comme un artiste urbain, c’est-à-dire citoyen auteur de « graffitectures », intégrations liées à un lieu particulier avec lequel elles entrent en résonance. Il se nourrit de la diversité et de la dynamique architecturale de la ville.
C’est aussi à ce titre que la CENTRALE l’a invité à se confronter ou plutôt à « investir » l’environnement monumental et éclectique du centre d’art. Son intégration se situe sur les grilles de la tour Sainte-Catherine de style baroque datant du XVIIe siècle, l’ultime vestige de l’église éponyme qui précéda l’église actuelle, construite en style éclectique par Joseph Poelaert au XIXe siècle.

Par cette installation, constituée de bois brut et peint, Obêtre offre un nouveau regard sur cet ensemble urbanistique hétéroclite en créant une dynamique visuelle vers l’entrée du centre d’art de la Ville de Bruxelles.
PARCOURS Street Art est une initiative de l’Échevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles.

SOURCES
• Adrien Grimmeau, Dehors, CFC Editions, Bruxelles, 2011
• Sebastien Maradon, Cours Modeste, 2014.
http://www.detoursfestival.be/artistes/obetre/
www.detoursfestival.be
www.parcoursstreetart.brussels

 

LE GRAND BANKET de FRANCOISE SCHEIN

10 tables pour le dixième anniversaire de la CENTRALE
Tables, installation permanente (juin 2016)
Place Sainte-Catherine, face à la CENTRALE.lab, entre la CENTRALE et la Tour noire

 

(c) Louis Colot
(c) Louis Colot

 

La mission d’un centre d’art est de susciter la rencontre et le partage autour de la création contemporaine. Le projet participatif initié avec l’artiste belge Françoise Schein, auteure notamment de l’œuvre de la station de métro du Parvis de Saint-Gilles, qui se définit volontiers comme “artiste des droits humains” s’inscrit dans cette dynamique. Près de 120 participants de diverses générations et origines (riverains, membres d’associations de quartier, …) sont devenus les créateurs d’une œuvre composée de dix tables en céramique à l’occasion des 10 ans de la CENTRALE. La fête d’inauguration de l’œuvre a eu lieu à deux pas de la CENTRALE le 26 juin 2016.

La création comme partage

J’aime partager mon travail avec les autres, les inviter à participer, à intégrer leurs idées dans mon travail, en leur offrant des parties à faire que j’appelle “des invitations” – Françoise Schein

Depuis de nombreuses années, l’artiste belge Françoise Schein, architecte et urbaniste de formation, développe à travers le monde des projets qui mettent les citoyens au coeur du dispositif créatif. Avec ces oeuvres participatives, c’est la notion même de communauté qu’elle nous invite à reconsidérer. Organisé dans le cadre du 10e anniversaire de la CENTRALE for contemporary art, Le Grand BanKet poursuit cette quête d’une intégration de l’art dans la société. La pratique de Françoise Schein reflète un questionnement, de plus en plus fréquent dans le monde de l’art contemporain et la médiation des publics, sur le statut même de l’auteur et les limites du rôle de l’artiste, qui devient à la fois initiateur et animateur, un concepteur partageant sa conception artistique avec des publics variés. Une manière de souligner une opposition entre une certaine conception de l’art fondée sur l’expression égocentrique d’un individu et une autre qui le pense davantage comme production de valeurs sociales et politiques, processus pragmatique de relations partagées :
à la célébration de l’artiste développant son être individuel se heurte et/ou s’adjoint l’idée du sujet pluriel.

Vivre ensemble

Le point de départ du Grand BanKet est le repas, la nourriture et le partage des vivres. Un thème qui n’est pas neuf pour Françoise Schein qui, en 1979 déjà, avait finalisé son master en design urbain et architecture par une thèse intitulée A Basic South Bronx Cook Book.
Mais à l’ère du fastfood et des réseaux virtuels, le concept antique du banquet comme lieu de création d’un lien vital acquiert un sens très fort. Le repas partagé nous fait voir la valeur essentielle de la communauté, valeur que le consumérisme individualiste nous a poussé à oublier. Ce concept s’inscrit parfaitement dans la prolongation de l’oeuvre de Françoise Schein, axée depuis plus de trente ans sur les droits fondamentaux et la problématique des frontières culturelles et géographiques.

(c) Thibault Coeckelbergs
(c) Thibault Coeckelbergs

Créer ensemble

De toutes les passions la seule respectable paraît être la gourmandise – Maupassant

Le travail de création collective s’est déroulé dans des dizaines d’ateliers menés avec les habitants et usagers du quartier de la CENTRALE à partir d’octobre 2015. L’objectif était de créer dix tables recouvertes de carrelages en céramique peints par les participants eux-mêmes. Françoise Schein a invité deux philosophes à accompagner le groupe dans une réflexion sur la question « que fait-on quand on mange ensemble ? ». Elle a ensuite proposé aux participants de peindre sur une céramique leur assiette idéale, ce qu’ils aiment manger, et d’écrire autour de ce repas des pensées relatives à cette idée de « manger ensemble ». Les individualités se sont exprimées : poissons, légumes, moules, gâteaux composent des créations singulières, et parfois surréalistes, comme autant d’interprétations du manger ensemble. Disposées autour d’un intestin dessiné par Françoise Schein, ces assiettes dialoguent en une composition à la fois unifiée et disparate, à l’image des participants. Le Grand BanKet, métaphore de la digestion urbaine, a permis à des voisins de tous âges et cultures de se rencontrer et de se raconter, de penser et de créer, au fil de moments artistiques conviviaux.

(c) Eric Danhier
(c) Eric Danhier

Le Grand BanKet

Un tel projet participatif fondé sur la rencontre et l’expression libre ne pouvait que se finir en apothéose avec un événement festif : un banquet ! Conçu comme une oeuvre, orchestré par le collectif artistique et activiste bruxellois OKUP (« rassemblement » en serbo-croate), ce festin rassemblera le 26 juin 2016 participants, habitants et usagers du quartier, organisateurs et passants autour des dix tables. Dix tables pour les dix ans de la CENTRALE, un centre d’art qui se veut ouvert sur son quartier, sa ville et le monde.

Une œuvre publique permanente mise à la disposition de tous

Une fois le festin dévoré, le projet connaîtra aussi une vie pérenne, puisque les tables-oeuvres, traces d’un processus citoyen, seront mises à disposition de tous dans l’espace public Place Sainte-Catherine, entre la Tour noire et la CENTRALE.lab.

L’artiste

Françoise Schein est née à Bruxelles où elle a étudié l’architecture à La Cambre. Elle a ensuite suivi un master en «Urban Design & Architecture» à New York. Elle vit actuellement entre la France, la Belgique et le Brésil. Depuis 2004, elle est professeur titulaire à l’École Supérieure d’Arts et Médias de Caen. Parallèlement, elle a développé un travail artistique axé sur les droits fondamentaux, la déclaration des droits de l’homme, les frontières géographiques et la cartographie des villes. Après avoir créé des stations de métro dans de nombreuses villes (Paris, Lisbonne, Stockholm…), elle a initié en France, Brésil et Palestine des ateliers participatifs résultant en des oeuvres installées dans l’espace public. À Bruxelles, dans la station de métro du Parvis de Saint-Gilles, elle a réalisé en 1992 une oeuvre intitulée Dyades sur le thème de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Création sonore autour du projet participatif Le Grand BanKet

 

STREET ART 

Deux artistes urbains de renommée internationale occupent les murs extérieurs de la CENTRALE avec des interventions artistiques permanentes qui ont inauguré en 2013 le PARCOURS Street Art initié par la Ville de Bruxelles.

Ce projet artistique s’inscrit dans la volonté de la CENTRALE de soutenir une pratique artistique contemporaine en plein boom, le street art, de sensibiliser ainsi le public le plus large possible aux créations artistiques contemporaines, de s’ouvrir à son quartier et à sa ville.

L’ATLAS
Intervention artistique permanente (septembre 2013)

L'Atlas - avec artiste
(c) CENTRALE

Depuis septembre 2013, une œuvre murale réalisée par l’artiste L’ATLAS (France 1978) couvre le mur extérieur (15 x 5 m) de la CENTRALE. Il s’agit de son nom retranscrit dans une écriture singulière qui lui est très personnelle. Spécifiquement conçue pour le lieu, cette réalisation s’inspire, comme de coutume chez l’artiste, de la calligraphie ancestrale arabe, et fait ainsi écho à la diversité culturelle bruxelloise.

JEF AEROSOL
Intervention artistique permanente (septembre 2013)

jef l'aerosol - avec artiste
(c) CENTRALE

Jef AEROSOL (France 1957) a conçu une œuvre de caractère figuratif. La flèche rouge, véritable signature de l’artiste, souligne une mise en scène (réalisée au pochoir) de personnages connus, tels Andy Warhol ou Basquiat et anonymes.

Ces deux artistes sont représentés à Bruxelles par la Galerie Martine Ehmer, partenaire de ce projet.